Tsunami 2005

Extrait du bulletin n° 19 (avril 2005) SIX SEMAINES APRES LE PASSAGE DU TSUNAMI EN INDE : AGIRabcd y était ! Rapport de mission de J-B. M à Pondichery du 7 au 21 février 2005  » C’est en qualité d’adhérent AGIR abcd à la demande de l’Association S.O.S. Pondichery que j’ai accompagné le président et son épouse lors de leur dernier séjour en Inde. Cette association est engagée depuis plusieurs années dans des actions humanitaires dans la région de Pondichéry d’où ils sont originaires ; le passage du tsunami les a amenés à s’y rendre plus tôt que prévu et ils ont souhaité s’y adjoindre le soutien d’AGIR dans cette démarche. Durant 2 semaines, je les ai accompagnés et suivis dans tous leurs déplacements. J’ai découvert l’ampleur de la catastrophe sur la côte sud-est de l’Inde. Les quatre villages que nous avons visités, dont deux sont suivis par S.O.S. Pondichéry, offrent tous une vision de désolation : huttes rasées, maisons en dur dévastées, clôtures en béton ou en briques broyées ou renversées, terrains de jeux réduits à des espaces vides de toute végétation.   Des petits bateaux ont été transportés à plusieurs dizaines de mètres dans les propriétés alentours, propulsés par-dessus les bâtiments. Certains ont été déplacés de 40 km le long de la côte. Quant à la population, elle a payé un lourd tribu à la catastrophe. A Mandapatur : 160 morts dans la faculté de médecine et 41 dans le village ; tous retrouvés. A Velankami, une coquette station balnéaire devenue un champ de ruines : 2000 morts (1200 n’ont pas été retrouvés). A Nagapatinam : 8000 morts et de nombreux disparus. Là, les témoignages poignants des survivants me font découvrir l’ampleur du sinistre. Je suis bouleversé lorsqu’une femme qui a perdu son mari et sa fille précise qu’elle a mis 2H30 pour atteindre le pont au lieu du quart d’heure habituel et ceci en marchant sur les cadavres tellement ils étaient nombreux ! Six semaines après la catastrophe il y a encore des corps prisonniers des décombres ! Ce séjour restera dans ma mémoire, car au-delà des dégâts matériels, il y a surtout la douleur et la détresse des survivants qui ont vécu l’horreur. Je vois, au fil des récits, de temps en temps un changement de visage, une larme retenue, une tête qui se tourne subitement pour dissimuler une immense douleur à l’évocation d’une vision qui restera gravée à jamais dans leurs coeurs. Il faut saluer le courage de ces gens fiers et efficaces qui ont réorganisé leur vie avec les moyens du bord et un minimum d’aide en attendant que les promesses faites par les autorités se concrétisent (peut être) Il leur faut vivre pourtant ! Les pécheurs sont prêts à repartir mais, sans bateau, impossible de reprendre la mer. Ils attendent de recevoir les bateaux promis par le gouvernement ; seuls quelques filets sont arrivés. Un village provisoire fait de tôles et de tentes a bien été installé et les habitants qui s’y trouvent reçoivent l’aide alimentaire de camions qui ne vont pas au-delà, ignorant les habitants restés à l’ancien village. C’est là que je suis retourné le dimanche 13 avec les associations S.O.S. Pondichéry et Suhabi (assoc. locale) afin de distribuer des vêtements, des ustensiles de 1ère urgence et des vivres pour un mois. Je note l’extraordinaire efficacité de l’équipe qui anime Suhabi qui après avoir reçu les fonds versés le mardi par S.O.S. Pondichéry, avait quatre jours après acheté, classé et emballé les dons.  

C’est au cours d’une fête organisée en notre honneur que l’aide a été distribuée. Malgré les ruines omniprésentes, des banderoles étaient déployées, un dais pour nous protéger du soleil avait été installé. Nous avons été accueillis par les autorités du village avec un discours de bienvenue. Puis la « FETE » : Chants des enfants, jeux, danses, concours de dessins a même le sol. Repas sous une bâche, servi sur des nattes posées sur le sol : riz, légumes, poisson, le tout arrosé de sauces très épicées que l’on mange avec les doigts !

Après le repas, la distribution des aides a lieu sans heurt, il y en a eu pour tout le monde, mais c’est à l’unité près, pas de gaspillage. Après la fête, au cours de la cérémonie d’adieu, nous recevons chacun une écharpe sacrée (de couleur jaune) et un collier de fleurs passé à notre cou par les trois plus anciennes femmes du village.

Un surplus de biscuits et de vêtements apportés de France sera remis au village voisin lui aussi aidé par S.O.S. Pondichéry dont l’aide s’étend aussi à l’hôpital de CERTH INDIA . Celle-ci permet ainsi au docteur Balasubramanian d’organiser hors de l’hôpital des campagnes médicales dont la fréquence dépend des dons. J’ai pu assister à l’une d’entre elles.

J’ai fait également d’autres rencontres qui m’ont permis de remettre des plaquettes d’AGIR abcden français et en anglais. Le supérieur du Loyola collège qui suit l’action de S.O.S. Pondichéry s’intéresse au côté « formation » de notre association et émet deux conditions essentielles pour des missions éventuelles : pratiquer l’anglais et s’engager sur plusieurs mois, les mêmes exprimées par le Consul Général de France à Pondichery. Un représentant de la Croix Rouge suisse s’intéressa également à l’aspect formation d’AGIR abcd .

En Conclusion, j’estime que ma mission a été une observation des dégâts occasionnés par le tsunami dans cette région de l’Inde. J’ai constaté surtout l’efficacité des actions menées par les associations S.O.S. Pondichéry et Suhabi dont l’honnêteté apparaît effectivement. Ces actions ne sont qu’un début face à l’ampleur des dégâts. Une continuité dans le temps s’impose absolument. Je pense qu’AGIR abcd peut apporter dans le cadre de ses projets humanitaires une collaboration logistique afin d’aider l’Association S.O.S.Pondichéry «